vanités

Une musique pré-émotionnelle, permettant de libérer la danse, et une musique post-émotionnelle, qui ajoute une strate de sens à ce qui se passe, se rencontreront ici, pour approfondir une recherche sur la circulation des émotions, et sur l’empathie entre le plateau et la salle, entre les acteurs, danseurs, musiciens, et le public.

Olivier Meyer et Vidal Bini travaille déjà ensemble depuis 4 ans. Olivier a notamment crée la musique de “Jackson & Clive“ et de “Can you be me?“ du projet “Creative Commons“ porté par Vidal. Ils sont sur scène ensemble dans “What is…“, solo avec un danseur, un musicien, et huit membres du public. Ils ont au cours de ces années affronté le rapport entre le son et le corps, et ils se sont rejoints sur la nécessité de ne pas le réduire à une simple interprétation du corps par le son ou vice-versa.

C’est cette réflexion qui les amène cette fois-ci à la superposition de leurs pratiques musicales. D’un coté un travail sur les fréquences sonores, le noise, et les fluctuations lentes et continues d’une matière sonore non identifiable, musique actuelle influencée aussi bien par les précurseurs de la musique électronique que par les expérimentations musicales d’aujourd’hui, en passant par les platinistes contemporains. De l’autre une pratique de la guitare, électrique, d’inspiration plus rock, plus directement assimilable à une culture, une époque, et une imagerie populaire forte.

C’est sur une proposition d’Olivier, autour des partitions de Cornelius Cardew, qu’ils ont débuté le projet.

En commun, ils mènent une recherche sur ce qu’on peut appeler les passeurs modernes, ces figures de l’art ou des sciences humaines, ( par exemple Sarah Kane, Edgar Morin, ou Pina Bausch ), qui à l’image de leurs équivalents chamaniques ancestraux, ont proposé à l’humain une interprétation du monde et une relation à lui déterminante pour l’individu et le groupe.

Peut-on, doit-on opposé matières/fréquences et mélodie? Quels visuels et quelles physicalités peuvent émerger de la collision de deux genres musicaux juxtaposés? Comment le concert peut-il devenir un spectacle dépassant la simple interprétation de compositions musicales? Comment un spectacle de danse ou de théâtre peut-il poser la musique comme élément principal de son articulation?

Aussi comment retrouver la dimension rituelle de la musique partagée par un groupe dans un but précis, celui de la transe et de la clairvoyance? Enfin, la confrontation de ces deux genres musicaux peut-elle représenter un regard plus général sur la scission actuelle entre histoire et progrès?

 

production: Index
coproduction: KHZ, Théâtre du Marché aux Grains
réalisé avec le soutient de la Filature, scène nationale Mulhouse; du Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Alsace; et de Two Notes audio engineering